19. La Nouvelle-Zélande - L'île du Nord

 

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La Nouvelle-Zélande

(3 semaines en caming-car sur lîle du Nord)

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La Nouvelle-Zélande est souvent comparée à la Suisse pour la beauté et la variété de ses paysages. Le moins que l'on puisse dire, après nos trois semaines passées à sillonner l'île du Nord, est que nous sommes tous d'accord sur ce point: c'est très beau, et varié, mais bien différent de la Suisse tout de même.

Une des premières choses qui nous dépayse vraiment, ce sont les noms de lieux, pour la plupart en maori. La Nouvelle-Zélande se dit Aotearoa, ce qui signifie «pays du long nuage blanc». Des nuages, pas tous blancs d'ailleurs, nous avons eu l'occasion d'en voir, la météo de l'été néo-zélandais ressemblant furieusement à celle que nous avons eue à l'est de l'Australie. Mais nous avons tout de même réussi à vivre nos activités en pleine nature sans trop nous faire tremper, ceci surtout grâce à la souplesse permise par le camping-car, qui fait bien évidemment office de moyen de transport et de logement. Nous n'avions rien réservé à l'avance, et nous avons presque toujours dormi dans des campements libres (parkings autorisés en ville) ou des campements du DOC (Departement Of Conservation) moyennant une modeste contribution financière pour la nuit. Ceci implique un confort minimal se résumant souvent à des WC, parfois de l'eau potable, rarement un barbecue, jamais de douche... Nous avons donc régulièrement piqué une tête dans les lacs ou rivières rencontrés, dont les températures variaient de 14 à 20 degrés généralement. Nous avons choisi d'utiliser un minimum les WC/douche du camping-car, ceci afin de ne pas être contraints de passer trop souvent par les «dump-stations», les stations de vidange des eaux usées et de remplissage des eaux propres.

Les routes néo-zélandaises sont relativement bonnes, mais à l'arrière du camping-car, cela secoue passablement (Jeanique peut en témoigner). Les distances ne sont pas forcément très longues, par contre on ne roule pas très vite, vu le relief accidenté, les nombreuses gorges à traverser et leurs lots de virages à négocier.

La mobilité et la souplesse du camping-car ont été bien appréciées pour leurs nombreux avantages. Malgré le côté relativement spacieux de notre véhicule, la vie à quatre dans un espace si restreint a tout de même généré quelques tensions bien palpables par moment, certainement les plus vives depuis notre départ de Suisse. Mais les souvenirs de ces deux épisodes seront bien vite effacés au profit de tous ceux que nous allons essayer de partager avec vous:

S'il faut essayer de résumer notre expérience de la Nouvelle-Zélande, il faut citer les aspects suivants: phénomènes géo-thermiques, volcans, marches, nature, animaux, rencontres.

Les phénomènes géo-thermiques:

Surtout présents au début de notre périple, ils comprennent geysers, piscines de boues bouillonnantes, fumerolles, lacs aux couleurs plus belles et folles les unes que les autres, odeurs de soufre, sources d'eau (très) chaude, cratères divers et «bot water beaches». Les moments les plus marquants auront été notre visite du parc de Wai-O-Tapu (qui rassemble la plupart des éléments cités ci-dessus) et les Hot Water Beaches. Vous pouvez lire le récit de Wai-O-Tapu dans "l'étape 12 du voyage de Valentin". Ce jour-là, nous avons fini dans des piscines thermales, dont l'eau jaillit de terre à 98 (!) degrés, au rythme de 40-50 litres par seconde... Les Hot Water Beaches sont, comme le nom l'indique, des plages sur lesquelles nous pouvons trouver de l'eau (très) chaude, environ 60 degrés. Les premières que nous avons rencontrées sont situées à Taupo, au bord du lac du même nom. Trois filets d'eau sortent d'on ne sait où, et réchauffent bien l'eau du lac. Idéal pour se remettre sur pied (et se «laver» aussi...) à l'issue d'une bonne journée de marche! Mais les plus connues et impressionnantes, nous les avons trouvées sur la Péninsule de Coromandel. On loue une pelle au magasin du coin, on attend la marée basse, on creuse sa piscine, on sympathise avec les voisins pour agrandir (et refroidir surtout!) sa piscine et on passe un moment surréaliste à barboter sur une plage, dans de l'eau chaude, entouré de centaines d'autres personnes qui font de même.

Les volcans:

Ils sont omniprésents, 48 rien qu'à Auckland, bien plus évidemment sur l'île. Éteints pour la plupart, certains sont encore bien actifs et fascinent la plupart des touristes comme nous. Ils ont façonnés tout le paysage, et si l'on dit que le pays ressemble à la Suisse, la forme caractéristique de tous ces monticules fait que la silhouette des montagnes ne ressemble en rien à ce que l'on a chez nous, ce n'est ni les Alpes ni le Jura. C'est juste différent, mais c'est juste superbe! (Allez, je l'ai écrit ici, après l'avoir dit au moins six fois par jour...)

Au centre de l'île, dans le Parc National du Tongariro, ils sont trois: le Tongariro, le Ngauruhoe (ou la Montagne du Destin pour les fans du Seigneurs des Anneaux, Mt Doom dans la version anglaise, c'est bien plus facile à prononcer que le nom original...) et le Ruapehu, point culminant de l'île. C'est à lui que nous nous sommes attaqués en premier. Vu la météo ce jour-là (mélange de brouillard, vent, froid, bruine et une jolie éclaircie quand même), nous avons rapidement changé d'objectif pour gravir une de ses arêtes et non son sommet. Puisqu'en hiver on skie sur ses pentes, nous avons emprunté deux télésièges (dont le Waterfall Express qui n'a d'express que le nom...) pour nous faciliter la tâche. Nous n'avons jamais distingué le sommet, mais l'éclaircie du jour nous a gratifié de quelques belles vues lors de notre arrivée sur l'arête. Trop occupés que nous étions à construire des tours de cailloux, aucune photo en souvenir de ces jolies vues.

Deux jours plus tard, pendant que Jeanique et les enfants marchaient sur ses contre-forts, je me suis attaqué au Ngauruhoe. Après le demi-échec du Merpati sur Java, j'ai eu la chance de pouvoir accéder au sommet, d'y être pendant qu'il était dégagé de tout nuage, et donc de pouvoir faire tranquillement le tour de son cratère et de profiter d'un panorama somptueux (il me manque bientôt des synonymes de superbe...). Ayant marché plus vite que prévu, j'ai encore eu le temps de découvrir des endroits magnifiques comme le Red Crater du Tongariro voisin, ou les Emerald Lakes qui sont sur ses flancs.

Les marches:

En plus de nous balader sur et au pied des volcans, nous avons marché autour du Lac Rotopounamu (Parc du Tongariro), dans la forêt de Whakarewarewa vers Rotorua (forêt de séquoias rouges), dans les Broken Hills (Péninsule de Coromandel) pour atteindre et traverser un vieux tunnel de mine, et, toujours sur la Coromandel, pour admirer une arche créée dans la falaise par les vagues du Pacifique à Cathedral Cove, ceci juste avant d'aller nous tremper dans notre piscine thermale sur la plage. Nous avons beaucoup apprécié ces marches en pleine nature, souvent seul ou en petite compagnie. En général, les enfants ont bien marché, même si leur première réaction était de râler quand ils apprenaient qu'on allait se balader. Sur le moment, ils trouvaient soit un jeu, soit une motivation qui les faisait avancer parfois plus rapidement que les temps de marche prévus par les panneaux indicateurs.

La nature:

On y a vécu presque trois semaines et on y était drôlement bien. On a dormi au bord de rivières, au bord de lacs, au bord du Pacifique, souvent dans des endroits de rêves. Les enfants se sont éclatés de longs moments, à jouer tantôt aux explorateurs, tantôt aux chasseurs, voire aux indiens. Les nuits, parfois bien fraîches mais surtout sans lumières parasites, nous dévoilaient un ciel de toute beauté, avec des étoiles par milliers.

Parfois, on a l'impression de voir des palmiers au milieu des forêts luxuriantes que nous avons traversées et, du coup, de se retrouver en forêt tropicale. En fait, ce sont les grandes fougères argentées sur tronc, plante qui a donné son emblème au pays et que l'on voit sur tous les drapeaux et maillots des «All Blacks», l'équipe nationale de rugby récente championne du monde. L'autre plante et icône du pays est le kiwi, bien sûr. Nous avons visité une plantation à Te Kupe qui se dit la capitale du kiwi, dans la région de la «Bay of Plenty» soit la Baie de l'Abondance. Baie qui porte bien son nom, puisque les plants de kiwis regorgeaient de fruits bientôt mûrs, la récolte débutant dans quelques semaines. Nous avons appris beaucoup de choses à l'occasion de cette visite et avons pu déguster divers produits à base de kiwi: glace, jus, vin, eau de vie et la variété jaune du kiwi que nous ne connaissions pas.

Nous y étions tellement bien dans cette nature, que le retour en ville à Auckland avait quelque chose d'un peu étrange.

Les animaux:

L'animal emblématique du pays est bien évidemment le kiwi, oiseau nocturne qui ne vole pas (lire le texte de Leïla - étape 8). Très difficile à observer en pleine nature, les seuls que nous avons vus sont les pensionnaires du zoo d'Auckland mais notre découverte du pays aurait été incomplète sans cela. De plus, le zoo d'Auckland est beau et plein d'espace pour ses pensionnaires, même si y voir des animaux que nous avons eu la chance de côtoyer «in the wild» au cours des précédents mois est parfois un peu bizarre. Quoiqu'il en soit, il finance plusieurs projets de sauvegarde de différentes espèces en danger de part le monde, et il permettra toujours de sensibiliser les visiteurs à la pression que l'Homme met sur le règne animal et le règne végétal tout autour de la planète.

Le second moment «animal» fort du séjour a été notre rencontre avec les Fous de Bassan (ou fous austraux) du côté de Cape Kidnappers. La journée commence par une balade sur une remorque tirée par un tracteur. Balade de huit kilomètres au pied des falaises formant ce cap. Falaises résumant l'histoire géologique de ces 4,5 derniers millions d'années. On y voit les couches terrestres successives, couches s'élevant de la mer sous l'effet des mouvements des plaques tectoniques. On y voit aussi les lignes de failles provoquées par le surpuissant tremblement de terre de 1931, lignes montrant que la terre s'est parfois décalée verticalement de plus de dix mètres! On y voit encore des coquillages vieux de trois millions d'années, pris dans de vieux sédiments marins. Tout ceci, et bien d'autres choses encore, merveilleusement bien expliqué dans l'une des plus belles leçons de sciences naturelles que j'ai vécue. La balade mène bien sûr à deux colonies, sur les quatre existantes au cap, de Fous de Bassan. Nous les avons observés, durant de longues minutes malgré la très forte odeur, planer dans les vents et les courants générés par les falaises. Présents à cette époque de l'année pour donner naissances à leurs petits, nous avons vus des jeunes bientôt près à prendre leur envol tout comme des (gros) poussins encore couverts de duvet. Et nous avons appris que nous verrons leurs cousins à pieds bleus aux Galápagos, on se réjouit donc déjà...

N'oublions pas les moutons, dont on dit qu'ils sont plus nombreux que les humains dans le pays, et que l'on voit un peu partout, il est vrai.

Les rencontres:

Notre séjour a été, pour les parents, l'occasion de revoir Sophie, une amie de l'Ecole Normale, établie maintenant à Gisborne, et de faire la connaissance de son mari James et de ses deux filles Amelia et Chloe. Nous ne l'avions pas revue depuis plusieurs années et les retrouvailles ont été très sympas. Les deux jours passés ensemble ont permis de se raconter plein de choses, de partager de très bons repas, et même le quarantième anniversaire de James. Nous les remercions encore beaucoup pour leur accueil chaleureux et généreux.

Les rencontres avec les Néo-Zélandais ont été souvent très agréables. On se sent vraiment accueilli avec le sourire dans ce pays!

Bref, après 2000 kilomètres parcourus en trois semaines, et au vu de tout ce qui précède, la Nouvelle-Zélande restera à coup sûr comme l'un des (nombreux!) coups-de-coeur du voyage. Et dire que beaucoup de Kiwis nous ont affirmé que l'île du Sud est encore plus belle! Du coup, nous serons presque obligés de revenir pour la découvrir...

Pour illustrer tout ceci, plusieurs albums (en préparation...) recoupant un peu les thèmes du texte:

La géo-thermieLes volcans et les marchesLa nature et les animauxLa vie quotidienne et les rencontres


Commentaires (2)

1. Knecht-Grandchamp Annabelle 06/03/2012

Hello les voyageurs!
J'ai lu avec attention votre récit, car j'y suis allée en 2008 et j'ai également adoré la Nouvelle-Zélande. La vie à bord du camping-car, c'est super et ce pays est magnifique!
Je confirme ce que vous ont dit les kiwis, l'île du sud est encore plus belle! ;-)
Bonne suite de voyage en Polynésie... ça c'est une destination de rêve! Profitez bien!
Biz
Annab

2. Magali 05/03/2012

Merci pour tes récits plein de détails!
On adoooooore les lire.
J'ai trouvé génial le concept de la pelle sur la plage où l'on creuse son trou pour pouvoir barboter! Et le camping dans la nature m'a fait terriblement envie!
Et je confirme, les fous des galapagos ont les pattes bleues et sont super mignons et surtout, vous les verrez de tout tout mais alors tout près.
Bises depuis un endroit que vous connaissez bien! ;-)

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Date de dernière mise à jour : 04/03/2012