23. Polynésie Française 4 - Moorea

Polynésie Française 4

(Moorea - seconde partie)

Moorea depuis le ferry.jpg

Pour décrire la deuxième partie de notre séjour sur Moorea, je vais essayer de faire coller le texte aux (nombreux) albums de photos couvrant cette période de notre voyage, à savoir: notre quotidien au Fare Miti, Moorea bleu pour le côté mer, Moorea vert pour le côté montagne, la culture et la gastronomie pour nos visites, les couchers de soleil, puis je terminerai par nos rencontres et un bref bilan.

Puisque l'on parle photos, il va sans dire que plus d'images de Valentin et Leïla sont visibles dans l'album dédié aux enfants.

 

Notre quotidien au Fare Miti:

Nous avons bien apprécié de nous poser longuement, de ne plus penser à faire nos sacs, de ne plus avoir trop d'horaires ou de contraintes liées aux transports, mais de seulement planifier quelques sorties à gauche à droite, au gré de nos envies. Les enfants ont beaucoup aimé le fait de se retrouver en pays francophone pour se faire des copains et discuter avec tout le monde. Ils ont un peu moins apprécié le fait que nous prenions de nouveau du temps pour l'école, mais dans l'ensemble, ils ont bien travaillé avec Jeanique et se sont testés sur d'anciennes ECR à la fin du séjour. Au niveau nourriture, nous ne mangeons presque plus à l'extérieur depuis notre départ d'Asie, mais nous cuisinons la plupart du temps. Ici, nous avons retrouvé quelques bons fromages qui flattent nos papilles gustatives helvétiques. La conduite à droite fait aussi partie des habitudes retrouvées, mais après plusieurs mois et des milliers de kilomètres à gauche, cela ne s'est pas fait aussi aisément que prévu (mais sans mal tout de même...).

Pour noircir un peu le tableau, j'ai quand même réussi à être malade quelques jours, un bête refroidissement par plus de trente degrés...

Au chapitre des découvertes scientifiques du voyage, il faut mentionner le croissant de lune. Explications: dans l'hémisphère nord, lorsque la lune est croissante (C), son croissant forme un D et lorsqu'elle est décroissante (D), il forme un C. Figurez-vous que dans l'hémisphère sud, c'est l'inverse: lune croissante (C), croissant en C, lune décroissante (D), croissant en D. Je connaissais déjà le fait que les tourbillons d'écoulements de lavabos tournent dans le sens opposé, mais sur ce coup-là, je me suis bien fait surprendre.

 

Culture et gastronomie:

Pour avoir un aperçu de la culture polynésienne, nous sommes allés au Tiki Village. Comme son nom l'indique, c'est un village traditionnel reconstitué, dans lequel vivent la plupart des danseurs et musiciens de la troupe, artistes qui ont chacun une autre spécialité (tatouage, cuisine, bijou, peinture, sculpture, perliculture, fabrication d'instruments de musique,...). Nous avons commencé par assister au spectacle donné le soir. Basé sur une légende polynésienne illustrée au moyen de danses traditionnelles, de musiques et de chants, le spectacle nous fait découvrir diverses coutumes du pays. C'était vraiment très beau, tant visuellement (costumes et chorégraphies) que musicalement, et les danses avec le feu nous ont vraiment beaucoup impressionnés. Nous sommes retournés le lendemain au village pour découvrir l'artisanat et en apprendre un peu plus sur la Polynésie. Valentin a même reçu le collier de celui qui nous a fait visité le village, avec pour "mission" de lui faire parcourir le monde...

Sur le plan gastronomique, nous avons participé à un Ma'a Tahiti, repas traditionnel qui se vit généralement en famille le dimanche. Toute la nourriture (et il y en a!) est cuite dans un four traditionnel: il est constitué d'un gros trou dans lequel sont chauffées des pierres de lave. Sur ces pierres seront posés des troncs de bananiers mouillés, puis la nourriture, le tout étant recouvert de feuilles, de tissus et de sable enfin. La cuisson dure environ trois heures, puis le four est ouvert, et les mets sont préparés. Ce jour-là, il y avait dans le four: deux cochons entiers, des poulets, du veau et du thon, des bananes à cuire, des choux, des épinards locaux pour le poulet fafa, diverses racines telles le taro, ainsi qu'ananas, potirons et bananes qui formeront le dessert (poé) en les mélangeant à du lait de coco. Le tout est précédé d'urus (fruits de l'arbre à pain) cuits au feu de bois, et l'assiette est garnie de salade de thon cru, et de fafaru (poisson macéré dans de l'eau de mer). Autant dire qu'entre la quantité de nourriture et la chaleur du climat, il est absolument inutile d'espérer être opérationnel l'après-midi!

Nous avons dégusté une autre assiette tahitienne, également copieuse et très bonne, dans le cadre magnifique du Tropical Garden. Le lieu est situé sur les hauteurs de la baie d'Opunohu, les jardins alentours sont superbes (il y a même une vanilleraie) et une courte marche à travers la forêt permet d'atteindre une petite cascade bien rafraîchissante.

 

Moorea bleu:

Moorea côté mer, cela représente des heures passées au bord du lagon ou dans l'eau: à jouer, à pêcher, à nager, à observer et photographier les poissons, petits ou gros. Ce sont aussi nos quatre visites à la Clinique des Tortues (Te mana o te moana), au cours desquelles nous avons tant appris sur ces animaux en observant et écoutant Noël, celui qui s'en occupe et qui les nourrit jusqu'à huit fois par jour pour les plus petites. C'est aussi apercevoir les ailerons des requins pointes noires qui viennent rôder près de la plage après le coucher du soleil ou apercevoir quelques raies proches du bord ou au large lorsque je nage.

À propos des raies, je pense que nous avons presque tout vécu avec elles: sur Rangiroa, nous avons plongé avec des raies mantas et vu un très grand vol de raies aigles. Sur Moorea, nous avons vu, caressé puis nourri des raies grises (appelées aussi raies armées ou pastenagues), et nous sommes allés plusieurs fois observer avec nos masques et tubas, des raies aigles se nourrissant dans un chenal pas très loin de notre pension. Le côté mer, c'est aussi l'essai du va'a (pirogue à balancier, véritable sport national), la bouée derrière le jet-ski de Laurent ou derrière le bateau de Patrice, le kayak qui a bien occupé les enfants par moments ou qui permet de voir Moorea depuis le large, donc son côté vert. 

 

Moorea vert:

Sur les îles hautes, on trouve toutes les nuances possibles de vert. La végétation est riche, luxuriante, abondante. Nous sommes allés marcher autour du Lycée Agricole de Moorea, où nous avons pu voir presque tous les fruits cultivés en Polynésie (ananas, mangues, papayes, bananes, pamplemousses, citrons, fruits de la passion et d'autres encore) ainsi que diverses fleurs et plantes, toutes plus jolies les unes que les autres. La balade s'est même terminée par une dégustation de sorbets, et dans l'abondant choix de parfums, nous avons goûté pamplemousse, citron, fruit de la passion et fleur de tiare.

Je suis également aller marcher seul un jour, depuis le Belvédère jusqu'au col des 3 Cocotiers. Les points de vue sont magnifiques et les reliefs accidentés absolument impressionnants. Au col, la récompense est la vue simultanée sur les deux côtés de l'île; sur les trois cocotiers ayant donné leur nom au lieu, seul l'un d'entre eux subsiste encore.

 

Couchers de soleil:

Lorsque l'on vit près de quarante jours en bord de mer, face au soleil couchant qui plus est, il y a de nombreuses occasions pour s'extasier devant les couleurs proposées par la nature. Rendez-vous quasiment incontournable de la journée, le moment mêlant apéritif, coucher de soleil, observation des requins chassant dans le lagon et discussions sympathiques entre pensionnaires du Fare Miti nous a rarement déçu. Du coup, la transition avec les rencontres est facile...

 

Les rencontres:

En restant longtemps au même endroit, elles sont forcément nombreuses: soit à la pension qui accueillait d'autres familles (surtout le week-end et lors des vacances scolaires), soit en dehors, en faisant du stop, ou en faisant les boutiques.

À la pension, ce sont Barbara et Randy, un couple à la retraite venant de Mesa (Arizona), que nous avons côtoyé le plus (tout au long du mois de mars), mis à part nos hôtes, Laurent, Céline, Pauline et Justine. Habitués des lieux de longue date, ils nous ont choyé, offrant des jouets et des chocolats aux enfants, des fleurs, des fruits et même des apéros (!) aux parents. Toujours un mot sympathique ou humoristique à notre intention, ils connaissent tout et tout le monde sur l'île, et nous ont bien fait profiter de leur expérience.

Les enfants ont fait plusieurs rencontres, au gré des allées et venues des familles dans la pension. Valentin a, par exemple, beaucoup pêché avec Matisse et son papa Sébastien, Leïla a beaucoup dansé avec Lina et Naya, et nous avons bu beaucoup de Hinano (la bière locale) avec Chris et Julia... Nous avons également été invités à faire de la bouée avec Jules et Adrien, et leur papa Patrice nous a emmené sur leur bateau voir Moorea depuis le large. En fin de séjour, les enfants se sont bien trouvés avec Nathan et Morgan, ils ont défié les papas au foot sur la plage, et le soir, c'était un plaisir de partager discussions, apéros et repas avec Sylvie et Christophe.

 

En bref, il est dur de quitter ce petit coin de paradis... La Polynésie était l'étape de rêve de Jeanique, espérons que mon étape de rêve sera aussi belle à vivre... Même si la Terre de Feu et la Patagonie seront de toute façon différentes... Mais d'abord, place à l'Ile de Pâques! (c'est pas mal non plus, et presque la saison...)

Pour conclure, quelques réflexions sur la Polynésie, petite synthèse de nos observations et des nombreuses discussions que nous avons eues avec des gens établis ici:

- La population est vraiment très accueillante et généreuse, les sourires omniprésents sur leurs visages.

- Le rythme de vie est plutôt tranquille, mais la crise économique et/ou touristique se fait sentir comme ailleurs.

- La vie s'organise souvent au jour le jour: on s'endette pour acheter un (très) gros 4x4 souvent inutile, mais les logements sont assez pauvres, on boit beaucoup de Hinano et l'on mange un peu ce que l'on trouve.

- Pour poursuivre sur l'alimentation, la mal bouffe occidentale est disponible comme partout bientôt, l'alcool coule souvent à flots, et une large part de la population souffre d'obésité bien prononcée; mais ici, on ne cache pas ces corps obèses, les habits près du corps, voire minimalistes à la plage, sont monnaie courante.

- Papeete ne fait vraiment pas rêver: mendicité visible, rues relativement sales, embouteillages fréquents; de plus, il y a très peu de plages publiques sur Tahiti, donc durant les week-end ou les vacances, les Tahitiens s'évadent volontiers à Moorea.

- L'appauvrissement des lagons est une réalité dans l'archipel de la Société, résultat de la sur-pêche, du non-respect de zones ou de périodes d'interdiction que les anciens avaient instaurées, et nous avons pu constater que les poissons sont bien plus petits qu'à Rangiroa qui se situe dans l'archipel des Tuamotu.

 A lire ce qui précède, on a l'impression que nous faisons les difficiles. Entendons-nous bien, la nature est vraiment magnifique, le climat plus qu'agréable, l'accueil toujours sympathique, et nous avons vécu un séjour magnifique, mais pour plusieurs raisons (et pas forcément celles ci-dessus, qui sont plus des constats), je pense qu'on ne s'établirait pas ici à long terme. Ce qui n'enlève absolument rien au plaisir que nous avons eu et au bon temps que nous avons passé en Polynésie.

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Date de dernière mise à jour : 17/04/2012