7. Malaisie 3 - Les îles du Nord

 

Notre parcours en Malaisie Les Perhentians

 

 

 

 

 

 

Perhentians et Penang

En matière de transport, la leçon à retenir est la suivante: toujours observer le comportement des locaux. Eux savent à quoi s'attendre, et connaissent donc les meilleures places. Lors de la traversée en speedboat vers Pulau Kecil, tous les touristes se sont déjà installés avec leurs gros sacs dans le bateau. Arrive alors une "petite vieille" qui passe par-dessus tout le monde, et par-dessus tous les sacs, pour aller s'installer tout à l'arrière. Pourquoi? La réponse ne s'est pas fait attendre: à peine le bateau sorti des eaux calmes de la côte, les passagers les plus à l'avant (dont Jeanique) ont fait quelques jolis sauts lorsque le bateau tapait dans des vagues bien formées. Un très bon renforcement des abdos-dorsaux... Au retour, on nous a fait monter en premier à bord; on ne s'est donc pas fait prier pour squatter les places arrières!

 

Sur Kecil, la petite île des Perhentians, nous avons passé douze jours magnifiques, notre plus longue escale du voyage pour l'instant. Coïncidence marrante, «perhentian» veut dire «stop» en malaisien... Cela nous a permis de nous poser un moment, de faire un break dans la succession des déplacements et des "vidages-remplissages" des sacs à dos, mais aussi de préparer intensivement la suite du voyage (Cambodge et Thaïlande). Egalement de faire des choses toutes bêtes: prendre le temps de contempler des sauterelles volantes, des écureuils marrants, de s'asseoir sur la plage (pas souvent pour Jérôme) ou de ne rien faire du tout.

 De plus, comme on y vit en maillot de bain, on économise les lessives que nous faisons à la main la plupart du temps (Jeanique = lavage, Jérôme = essorage), donc on repose nos petits bras musclés.

Nos activités quotidiennes se sont résumées à: baignade, plage, snorkeling, jeux de sable, jeux de cartes, école, repas, lecture. Tout ceci rythmé par le flux et le reflux des vagues, et par l'orage du soir au début de notre séjour. L'eau de la mer est bien chaude: elle atteint même les 34°C dans la baie peu profonde de Coral Bay (30°C quand même au large, de quoi y rester des heures avec un masque et un tuba). A Long Beach, le sable blanc (sans aucun corail au fond, ce qui est idéal pour jouer ou papoter allongé dans l'eau) descend très lentement et on a pied sur plusieurs dizaines de mètres. A marée basse, le soleil chauffe tellement la faible quantité d'eau qu'elle en est presque brûlante au bord! Malheureusement, je n'avais pas mon thermomètre avec moi ce jour-là...

 

Le snorkeling depuis la plage est forcément différent de celui de Florès (Indonésie): moins de coraux multicolores, mais plus de rencontres marquantes (petites murènes, poulpe, tortue, requin, barracudas) et mordantes aussi: de petits damselfishes, qui défendent leur domaine et nous mordent les pieds (et ici, ce n'est pas de la thérapie-spa...). Un jour, nous avons pris un bateau pour aller sur trois sites plus éloignés de notre plage: Shark Point, Fish Point puis Turtle Bay. Leïla et Jeanique ont pu voir un petit requin pointe noire, puis nous avons admiré de magnifiques coraux durs: la nature est vraiment une architecte étonnante. Ensuite, nous avons tous nagé avec deux tortues (et avec plein d'autres personnes aussi(!), certaines très peu respectueuses des lieux, ce qui gâche malheureusement un petit peu le plaisir...) et nous les avons observé manger pendant plusieurs minutes.

Comme j'ai craqué pour l'achat d'un appareil étanche à Singapour, ceci vous vaut quelques photos sous-marines visibles ici et un petit clip visible là.

Valentin a vécu sa première vrai plongée avec bouteille et est désormais un "bubblemaker" Padi reconnu (c'était son cadeau d'anniversaire, un peu en avance, de la part de ses parents). Il a suivi un cours théorique, préparé son matériel, puis il a dû réussir quelques exercices pratiques dans un mètre d'eau, avant le départ pour 20 minutes de plongée. Il en parle mieux que moi, avec ses mots, et quelques images en prime, dans son récit étape 7 de Valentin.

Au niveau de la nourriture, on a fait quelques "orgies": de fruits bien sûr, mais de poissons aussi (requin, raie, barracuda), grillés au barbecue, accompagnés de sauces toutes plus succulentes les unes que les autres, pour des prix totalement dérisoires. En plus, la confiance est de mise au moment de l'addition: tu énumères ce que tu as mangé à la personne qui gère la caisse et tu paies... Autant dire que ce système ferait vite faillite chez nous, tellement certains essaieraient de tricher! Par contre, pas d'orgies alcoolisées, on est en pays musulman: même une simple bière ne se trouve pas de manière officielle dans un restaurant. Mais la brouette contenant la glacière (et les bières) n'est pas très loin...

Quant à l'école, le programme Français-Maths se poursuit. Pour les autres branches, c'est toujours la pratique qui dicte le rythme et, ces temps, c'est la physique qui domine: Archimède ("Pourquoi notre bateau flotte-t-il?") pour Leïla, densité (certains bois coulent ici!) et volumes/pressions des gaz (plongée sous-marine) pour Valentin, ainsi que le cycle des marées (et le "pourquoi du comment" avec la lune!) pour tous les deux. Pas franchement de leur âge, mais rien de tel que les TP pour enseigner les sciences!!! En maths, on travaille d'arrache-pied les compléments à 157, puisque nos deux enfants adorent désormais jouer au jass!

 

Les rencontres et discussions avec d'autres touristes sont toujours fréquentes. Certaines sont plus particulières et ici, c'est celle de Lakhéna et Baptiste qui nous restera en mémoire. Nous avons passé de très bons moments en leur compagnie, et surtout, avons partagé un événement important de leur vie. Nous leur souhaitons vraiment tout le meilleur pour la suite.

Il y a aussi les rencontres animalières, certaines agréables ou amusantes, d'autres un peu moins: le toit de notre chambre et la barrière des escaliers servent de lien "arbre-terre ferme" à un joli écureuil que nous croisons plusieurs fois par jour. Par contre, découvrir un gecko d'une trentaine de centimètres au moment de se coucher, une (vraiment) grosse araignée ou se faire visiter plusieurs fois de nuit par une souris, a nécessité que nous bouchions tous les trous d'accès à notre chambre avec de vieilles bouteilles de PET... Quant aux (très) gros lézards croisés au détour d'un sentier, je crois que nous sommes quittes, eux et nous, pour la même frayeur ;-)

 

Après les îles Perhentians, nous avons passé de la côte Est à la côte Ouest pour atterrir sur l'île de Penang. Nous restons bien sur une île, mais les dimensions et l'ambiance changent radicalement. Nous logeons à George Town, grande ville de 700000 habitants, dont certains quartiers et monuments sont inscrits à l'UNESCO. Penang, c'est aussi une porte d'entrée vers la Thaïlande pour de nombreux backpackers, avec toutes les facilités nécessaires disponibles. Nous profitons donc d'y faire faire nos visas, entreprise dans laquelle nous avions échoué lors de nos deux haltes à Singapour et à Kuala Lumpur: 8CHF par personne pour avoir son visa dans la journée, c'est donné et ça évite d'aller faire soi-même les démarches au consulat, où l'on ne sait jamais comment on va être reçu.

 

Après notre pause magique aux Perhentians, on appréhendait quelque peu le retour en ville suite à notre expérience mitigée de la capitale Kuala Lumpur, surtout après avoir lu dans notre guide le paragraphe «dangers et mise en garde» concernant George Town. Et bien, en bons Vaudois, on a été déçus en bien! Résumé de notre petite semaine à Penang: le premier jour, nous nous sommes promenés à pied et avons découvert le vieux quartier chinois (lire la news Voyage en Chine et voir l'album-photos associé), Little India et les bâtiments historiques datant de la colonisation britannique. Le lendemain, excursion au Kek Lok Si Temple (plus grand temple bouddhiste de Malaisie), puis montée à Penang Hill, colline surplombant George Town, où nous nous sommes pris l'orage! L'ascension de la colline se fait avec un funiculaire dont le parcours impressionne même des Suisses pourtant habitués aux Alpes...

Le jour suivant, visite guidée de la Tropical Fruit Farm, sorte de station agronomique pour arbres fruitiers tropicaux: nous sommes tombés sur un vieux guide passionné, donnant des explications super intéressantes et mêmes drôles parfois. Nous avons pu goûté (à volonté!) à plus de quinze sortes de fruits frais et avons reçu un jus de fruit frais de notre choix. Puis arrive mon anniversaire: le matin, visite du Tropical Spice Garden, jardin aux épices superbement aménagé (et nouvelle visite guidée très sympathique), qui montre aussi des plantes de la jungle et des plantes d'ornementation dans un décor travaillé de très belle manière; l'après-midi, jeux dans le sable et dans l'eau, farniente et lecture sur une jolie plage déserte, si ce n'est les brefs débarquements de courses d'école ou de cars de touristes; puis le soir, menu de fête dans un beau restaurant, aménagé dans une ancienne maison ayant appartenu à un Chinois immigré qui a fait fortune en fondant sa propre banque!

Nous avons fait toutes ces balades en bus public, ce qui n'est certes pas le moyen de transport le plus rapide, mais cela nous a permis de découvrir la région au détour des lignes régulières. Nous avons aussi rencontré des chauffeurs de bus sympas (qui nous renseignent avec plaisir, qui ont envie de jouer au jass avec nous quand nous jouons assis par terre à la station de bus en attendant la correspondance) et nous nous sommes rendu compte que nous ne sommes vraiment pas attirés par Batu Feringghi, la St-Tropez locale accueillant les (très) riches touristes du Golfe et leurs femmes cachées sous leurs burquas.

Le dernier jour sur place, visite du grand marché local, jeux dans un parc public, puis une dernière traversée de Little India pour s'imprégner de ses bonnes odeurs épicées avant d'attaquer la préparation des sacs pour le retour sur Kuala Lumpur, retour que nous avons fait en train. L'occasion de se lever à 5h30 pour traverser de l'île de Penang au continent en ferry puis pour embarquer dans l'Ekspres Rakyat. Comme son nom ne l'indique pas, le démarrage n'est pas fulgurant... Par contre, voyager en train nous donne la possibilité d'avoir un autre angle de vision que depuis les bus: on voit les arrières-cours des maisons, les basses-cours, les étables,... Le début du voyage est assez lent, rythmé par les coups de klaxons aux passages à niveaux et aux nombreux chantiers: modernisation impressionnante du réseau (doubler la voie, nouveaux tunnels, nouvelles gares, nouveaux tronçons par endroit) qui n'a pas l'air d'être entravée par des oppositions de riverains... Une fois sorti de la portion jungle, le rythme s'accélère franchement, mais le côté pittoresque du paysage s'estompe, remplacé par les plantations (palme, caoutchouc, bananes) ou les rizières.

 

A noter que pendant tout notre séjour à Penang, nous avons déjeuné au VRAI pain et au Nutella!!! Assis par terre dans notre chambre d'hôtel il est vrai, mais cela en valait la chandelle...

Commentaires (1)

1. Arnaud RIOM 25/09/2011

Ben voilà .... mes pensées toutes particulières pour l'anniversaire de Jérôme lui arrivent forcément en retard (je n'ai pas toujours accès à Internet dans mes allées et venues). A lire toutes ces pages, c'est une succession de cadeaux-surprises et découvertes. Et c'est passionnant à lire, mais je ne pense pas m'embarquer pour un tour du monde prochainement ! Comme "formation" Pour Leila et Valentin, ça c'est de méthodes actives de formation; et pour vous les parents, quel brassage de repères !
Même si votre projet est à l'opposé des miens, je vous adresse toute mon amitié et mon admiration .
Bises à tous 4
Arnaud

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Date de dernière mise à jour : 12/10/2011